Images et anthropologie culturelle

Présentation

Introduction aux études post-co : A.Cossic (6h)

Altérité et identité raciale : MC. Agosto (6h)

L'Autre, le Même et le Moi : M. Montoya (6h)

Deleuze et l’altérité : L. Souquet (3h)

Cultures Kitsch : L. Souquet (9h)

Images et cultures du futur : L’homme augmenté (3h)

Introduction aux études post-coloniales : (A.Cossic 6h)

Premier séminaire : 3 h

La ferme est un topos essentiel à de nombreuses œuvres postcoloniales. Avant-poste de la civilisation occidentale, à la frontière entre le territoire conquis et celui très redouté qu’occupent les indigènes, elle est appréhendée différemment par les écrivains sud-africains Nadine Gordimer et J-M Coetzee. Nous nous intéresserons à la symbolique de la ferme, à la représentation de la terre, enjeux politiques et économiques mais aussi esthétiques et plus largement culturels dans les ouvrages suivants :

Nadine Gordimer, The Conservationist (Penguin Books, 1983)

Nadine Gordimer, July’s People (Penguin Books, 1982)

J-M Coetzee, Disgrace (Vintage, 2000)

Second séminaire : 3 h

Dans la Caraïbe anglophone des dix-neuvième et vingtième siècles, les individus se définissent d’abord par leur appartenance à un groupe ethnique. Les deux auteurs choisis, Jean Rhys et Derek Walcott, créent des personnages qui sont des êtres hybrides et tous deux cultivent l’ambiguïté raciale, montrant par de subtils jeux de miroir et par des techniques de dédoublement que l’identité n’est jamais fixe et unique mais évolue au fil du temps et au gré des accidents de l’Histoire. Deux auteurs seront privilégiés pour leur approche de l’altérité :

Jean Rhys, Wide Sargasso Sea (Penguin Classics, 2001)

Derek Walcott, ‘The Schooner Flight’ in Collected Poems (1948-1984) (Farrar, Straus & Giroux, 1986)

Ouvrages théoriques :

Derek Walcott, What the Twilight Says (Farrar, Straus & Giroux, 1999)

Edouard Glissant, Poétique IV, Traité du Tout-Monde (Gallimard, 1997).

« Altérité et identité raciale dans les arts américains : les artistes africains-américains, de la Renaissance de Harlem à la reconnaissance » 2x3h (MC. Agosto)

On connaît les noms des icônes de la lutte anti-raciale américaine du XXe siècle, comme  Martin Luther King, militant des droits civiques, ou Malcolm X, porte-parole du Black Power. On connaît moins bien les noms des artistes noirs américains dont les productions, issues de nombreux champs de la création (peinture, photographie, musique, cinéma) sont longtemps restées ghettoïsées. Depuis peu, les Américains font une place à ces artistes longtemps maintenus en marge de l’historiographie officielle, et reconnaissent que l’histoire des artistes africains-américains est liée à l’histoire politique et culturelle des Etats-Unis. On assiste enfin à une réévaluation de la création noire américaine, dont la puissance est remarquable, dès lors qu’elle est à la fois l’expression d’une identité assumée et le véhicule des droits et des libertés.

Le cours permettra de suivre l’évolution de l’art africain-américain, depuis la « Renaissance de Harlem », dans l’Entre-deux-guerres, jusqu’à l’entrée récente des artistes noirs dans les musées et sur le marché de l’art, symbole de l’ascension de la « montagne raciale » que dénonçait le poète Langston Hughes en 1926.

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- Jervis Anderson, This Was Harlem 1900-1950,Farrar, Straus and Giroux, 1980

- Jacques Goldstein et Daniel Soutif, Noire est la couleur, Les artistes africains-américains et la ségrégation, DVD Arte Editions

- Claudine Reynaud, La Renaissance de Harlem, Paris, Michel Houdiard, 2013

- The Color Line, Les artistes africains-américains et la ségrégation, Flammarion, Catalogue d’exposition du Musée du Quai Branly, 2016

 

- L'Autre, le Même et le Moi: identités post-coloniales dans les Espagnes des XIXe-XXIe siècles". : 2x3h Montoya

Rimbaud nous a habitués à penser le Je comme un Autre (lettre à Georges Izambard du 13 mai 1871). Mais comment accepter l’idée que l’identité de Soi se construit à partir de celle de l’Autre ? Que l’Autre est JE ? Que je ne peux me poser non seulement qu’en m’opposant à l’Autre mais encore en acceptant cet Autre historique, réel et non inconscient comme un Moi profond. Que le Moi n’est pas sans cet Autre. Nous sommes dans tous les cas bien loin du cogito cartésien et beaucoup plus proches de la critique nietzschéenne de ce qui pense en Moi. C’est ce dilemme que semblent poser à longueur d’écrits les auteurs des anciennes possessions espagnoles d’Afrique et d’Asie depuis les dernières guerres coloniales de 1895 jusqu’à nos jours où l’on voit même, ce qui problématise encore davantage la question, des personnes provenant d’anciennes possessions françaises revendiquer la langue et la culture espagnoles comme leurs.
Le cours se propose une approche de la question, qui se pose de plus en plus dans les sociétés occidentales d’ailleurs, pour des raisons bassement politiques, au travers de l’analyse de certains textes et comportements particuliers.

ALBERTINI, Rudolf von, Decolonization. The Administration and Future of the Colonies 1919-1960, Africana Publishing Company, New York 1971.
ASHCROFT, Bill, GRIFFITHS, Gareth & TIFFIN, Helen, The Empire Writes Back, Theory & Practice in Post Colonial Literatures, Routledge, London 1989.
ASHCROFT, Bill, GRIFFITHS, Gareth, Post Colonial Studies Reader, Routeledge, London 1995.
BHABHA, Homi, The Location of Culture, Routledge, New York 1994.
BESSIERE, Jean & MOURA, Jean-Marc, Littératures postcoloniales et francophonie, Honoré Champion, Paris 2001
BOEHMER, E., Colonial & Post Colonial Literature, Oxford University Press, London 1995.
BUTLER, Judith, The Gender Trouble, Routledge, New York 1990.
CAHIERS DU SIELEC, Les, n°1, Littérature & Colonie, Kailash ed., Pondicherry 2003.
CAMPOS SERRANO, Alicia, De colonia a Estado: Guinea Ecuatorial, 1955-1968, Centro de Estudios Politicos y Constitucionales, Madrid 2002.
DICKMAN, Mikhailovitch, Return in Post Colonial Writing: a Cultural Labyrinth, Rodopi Publications, Amsterdam 1994.
FANON, Frantz, Pour la révolution africaine, La Découverte, Paris 2002.
FANON, Frantz, Les damnés de la terre, La Découverte, Paris 2006.
GLISSANT, Edouard, Le discours antillais, Gallimard, Paris 1997.
LAIDI, Zaki, The Superpowers and Africa. The constraints of a rivalry, 1960-1990, University of Chiago Press, Chicago 1990.
NEWMAN, J., The Ballastic Bard: Post Colonial Fictions, Arnold Press, London 1995.
RAJAN, G. & MHANRAN, R., Post Colonial Discourse & Changing Cultural Contexts, Theory & Criticism, Greenwood Press, Westport 1995.
ROCARD, Marcienne, Les Fils du Soleil, Maisonneuve & Larose, Paris 1980.
SALVO, Jorge, La formacion de identidad en la novela hispano-africana : 1950-1990, thèse 2003.
SPIVAK, Gayatri & HARASYM, Sarah, The Post Colonial Critic, Strategies, Dialogues, Routledge, New York 1990.
TIFFIN, Helen & LAWSON, De-Scribing Empire, Post Colonialism & Textuality, Routledge, London 1984.
WALDER, Dennis, Post Colonial Literatures in English, History, Language, Theory, Blackwell Publishers, London 1998.

 • Lionel Souquet : « Gilles Deleuze et l’altérité » (3h)

Gilles Deleuze : philosophie, politique et littérature.Gilles Deleuze (1925-1995) est un philosophe français dont les travaux ont eu un impact considérable depuis la fin des années 1960. Il s’est d’abord fait connaître comme historien de la philosophie puis comme philosophe du cinéma, de la peinture et, surtout, de la littérature (Proust, Kafka, Sacher-Masoch, Lewis Carroll, etc.).

La force du système deleuzien tient dans sa multiplicité et sa grande souplesse car le philosophe voulait que ses concepts soient utilisables par tous, même les non philosophes, à des degrés plus ou moins complexes. Nous évoquerons les concepts les plus célèbres, généralement liés à la notion d’altérité : « littérature mineure », « rhizome », « déterritorialisation », « nomadisme », « devenir », « essence du temps localisée », « mémoire involontaire », « bégaiement », « corps sans organes », etc. Par son originalité, sa transdisciplinarité et son écho dans les sciences humaines, ce système de pensée est indispensable à la compréhension de la postmodernité.

• Lionel Souquet : Cultures kitsch  (9h)

Né au XIXe siècle ou, peut-être, dès l’antiquité si l’on considère qu’il a à voir avec le dionysiaque, le grotesque et la carnavalisation, le kitsch est étroitement lié à une culture populaire (roman rose, roman-photo, polar, science-fiction, cinéma populaire, caricature...) « considérée comme de mauvais goût par la culture établie » (Petit Robert, 1985). Mais les théoriciens d'inspiration marxiste, qui pensent que le kitsch est une culture de l'aliénation, l'associent à la culture bourgeoise. Cette problématique typiquement postmoderne se développera à partir des années soixante autour d’Andy Warhol, du Pop art et de la performance, soulevant les problèmes – plus que jamais actuels – de la marchandisation et de la récupération de l’art par les idéologies et la propagande. La problématique du kitsch est étroitement liée, dans sa genèse, aux cultures germaniques, puis à la subculture médiatique anglo-américaine mais, au milieu de cette nébuleuse polymorphe, certains artistes italiens, espagnols ou hispano-américains postmodernes développent aussi un foyer de réflexion fort original sur le kitsch et interrogent les liens – parfois conflictuels – entre cultures anglo-saxones et latines. Flirtant souvent avec une esthétique dite du « mauvais goût » (vulgarité, transvestisme, artifice et ironie) les univers de ces artistes très divers (écrivains, cinéastes, photographes, plasticiens, etc.) relèvent aussi de ce que Susan Sontag appelle le camp (un kitsch conscient de lui-même et souvent associé à l’humour et à l’autodérision de la subculture gay). Souvent méprisé, le kitsch apparaît aujourd’hui comme un mode d’expression artistique – au « deuxième degré » – hautement subversif.

 Images et cultures du futur : L'homme augmenté  et l'huperhumain- H. Machinal (3h)

Dans le cadre de la troisième révolution industrielle, celle des biotechnologies (Michaud) et des sociétés hypermédiatiques (Gervais), la définition de l’identité humaine est remise en question. En partant des philosophes contemporains (Michaud, Lecourt), il s’agira dans ce séminaire de se pencher sur la redéfinition de l’être humain qu’entraîne l’hyperhumain aussi bien dans sa composante biogénétique qu’hypermédiatique (Serroy/Lipovetsky). Ce séminaire s’attachera aussi aux questions d’identités sexuelles (Braidotti/Hoquet) induites par ces dynamiques de redéfinition.

A partir de la notion d’hybridité homme/machine, il nous faudra aussi analyser la robotisation de l’être organique, du cyborg (Harraway) au robot, et les questions politiques, philosophiques et éthiques qui en découlent.

Bibliographie :

Braidotti, « Les sujets nomades féministes », www.cairn.info/revue-multitudes-2003-2-p-27.htm

Haraway D., A Cyborg Manifesto, http://faculty.georgetown.edu/irvinem/theory/Haraway-CyborgManifesto.html (NY, Routledge, 1991)

Hayles N. K., How We Became Posthuman : Virtual Bodies in Cybernetics, Literature and Informatics, Chicago et Londres, The University of Chicago Press, 1999.

Hoquet T., Cyborg Philosophie, Paris, Le Seuil, 2011.

Lecourt, D. Humain, posthumain, Paris, PUF, 2011.

Michaud Y. , Humain, inhumain, trop humain, Paris, Flammarion, 2006

Modalités de contrôle des connaissances

Session 1 ou session unique - Contrôle de connaissances

Nature de l'enseignementModalitéNatureDurée (min.)NombreCoefficientRemarques

Session 2 : Contrôle de connaissances

Nature de l'enseignementModalitéNatureDurée (min.)NombreCoefficientRemarques