Vers une anthropologie interprétative

Présentation

Peut-on être à la fois anthropologue et raciste ? Cette question, aujourd’hui, nous paraît presque insensée. La tentation raciste, pourtant, a longtemps côtoyé la réflexion savante sur la nature de l’homme et la diversité des cultures. Que l’on songe au célèbre passage de Claude Lévi-Strauss rappelant que « (… le pêché originel de l’anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race (…) et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines) (« Race et histoire », in Anthropologie structurale deux, Plon,1973, p.378).

            Il a fallu attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que l’anthropologie physique arrête de fantasmer autour des relations entre  caractères somatiques et  dispositions morales d’une population (le fameux « Ésprit des peuples »,  le « Génie des nations »). Dans la première partie du cours nous parlerons des antécédents de l’anthropologie moderne et des multiples tentatives effectuées par nos prédécesseurs  pour rendre compte de l’altérité dans des termes de plus en plus scientifiques.

            Nous nous pencherons par la suite sur l’émergence d’une anthropologie, moins séduite par la démarche « scientiste », où la  question de l’Autre  devient centrale : il ne s’agira plus d’expliquer les différences culturelles, mais de les comprendre.