Séminaires
Présentation
Le séminaire propose aux étudiants une re-spécialisation relative liée à leur pratique de spécialité. Il leur permet également de construire leur projet de poursuite d’études en fonction de leur domaine de prédilection : masters de recherche universitaire, masters enseignement, concours des écoles d’art, métiers spécialisés. Se fondant sur une démarche de recherche-création, le séminaire s’appuie sur des questions théoriques de fond et sur des enjeux professionnels. Il est notamment le lieu d’une réflexion collective impliquant fortement le groupe d’étudiants (communications, participations à des manifestations culturelles). L’implication personnelle dans le séminaire sera l’un des critères de réussite de cette troisième année de licence. Le séminaire est enfin en lien avec l’actualité de la création artistique. Les étudiants peuvent dans ce cadre être associés à des démarches professionnelles (accompagnement de projets de créations, implications dans des manifestations culturelles, etc.)
Corps, espace et mouvement : marcher à Brest (Mélanie Papin)
Ce séminaire envisage d’interroger le mouvement de la marche dans l’espace urbain dans sa dimension pratique, esthétique et politique. Il s’agira de s’approprier différentes performances et partitions de marche qui seront expérimentées dans les espaces urbains Brestois. Nous nous demanderons alors comment la marche, abordée du point de vue sensible et pratiquée depuis les savoir-faire du danseur, modifie notre rapport à l’environnement et notre perception. Ces temps de pratique se feront sur la base de propositions de l’enseignante et des étudiant-e-s. Adossés à des lectures en art, en sociologie et en anthropologie notamment, ils constitueront la matière première de nos échanges et réflexions.
Bibliographie :
« Ce que la marche fait à la danse », Repères, cahiers de danse, 2019/1
Marie BARDET, « Marcher » in Isabelle Launay et Marie Glon, Histoires de gestes, Arles, Actes Sud.
Francesco CARERI, Walkscapes. La marche comme pratique esthétique, coll. Babel, Arles : Actes sud, 2013
Tim INGOLD, Faire - Anthropologie, Archéologie, Art et Architecture, Bellevaux, Éditions Dehors, 2017
Collapse (Thibault Honoré)
Le XXIe siècle accrédite l’importance dans nos vies d’un imaginaire de la catastrophe que les siècles passés, avec leur cohorte d’accidents, de désastres climatologiques ou d’entreprises déraisonnées, s’étaient chargés d’alléguer. Evoquer la catastrophe en art a tout à voir avec l’idée de passion et de tragédie, la représentation des cataclysmes reposant sur la réitération de mises en scènes ou de procédés scénaristiques bien usités : effondrement de cités, incendies monumentaux, accidents aériens ou ferroviaires provoqués par des désastres tantôt humains (accident scientifique ou industriel, guerre, attentat), tantôt naturels (séisme, éruption volcanique, tsunami) ou surnaturels (attaque de monstres, de figures démoniaques). Au cours de cette histoire des images, la stupeur est devenue un outil de jouissance spectatorielle, au risque parfois d’écarter la dimension traumatique de tels événements, et ce pour ne plus produire qu’un divertissement hypnotisant qui s’abroge de toute vérité sensible.
Il est toutefois d’autres enjeux qui se dégagent de la représentation de la catastrophe en art et qui ne sont pas déterminés par le seul débordement d’effets dramatiques ou spectaculaires. La catastrophe comme expérience esthétique de la destruction est avant tout un outil d’introspection où le fantasme de voir se jouer la fin du monde est l’expression d’angoisses qu’il faut exorciser par l’art. En effet, si la notion de catastrophe peut être entendue comme un phénomène qui provoque une déstructuration violente de notre vie c’est parce qu’elle l’actualise en premier lieu. Pour citer le sociologue Henri-Pierre Jeudy : « Ce que l’art révèle des effets de la catastrophe (...) c’est la manière dont l’identité bascule dans l’irreprésentable non plus comme signe de la reconnaissance mais comme interrogation existentielle sans réponse possible. »
Il s’agira dans ce séminaire d’explorer par la création artistique les différentes occurrences esthétiques, critiques, technologiques, scientifiques, politiques, sociales, économiques, éthiques et morales de la notion de catastrophe. Nos recherches s’ouvriront notamment à la création contemporaine japonaise. Ce séminaire intègre le projet de recherche et de création franco-japonais SAIGAI (2025-2028) mené en collaboration avec : les universités Chûô (Institute of Cultural Sciences) et Waseda (School of Culture, Media and Society) de Tokyo, le Gamadas Dome Museum et le Géoparc UNESCO du Mont Unzen de Shimabara, la Photographers Gallery et la Taka Ishii Gallery de Tokyo, le centre d’art contemporain Passerelle à Brest.
Bibliographie :
• Anders, G. (1956). L’obsolescence de l’homme. Paris : Editions de l'Encyclopédie des Nuisances. • Dupuy, J-P. (2015). Petite métaphysique des tsunamis. Paris : Seuil. • Ferrier, M. (2015). De la Catastrophe considérée comme un des Beaux-Arts.Communications, 96. • Fressoz, J-B. (2012). L’apocalypse joyeuse. Paris : Seuil. • Guenin, H. (2016). Sublime, les tremblements du monde. Metz : Centre Pompidou-Metz. • Hasegawa, Y. (2017). Japanorama. Nouveau regard sur la création contemporaine. Metz : Centre Pompidou-Metz. • Ito, T. (2014). L'architecture du jour d'après. Paris : Les Impressions nouvelles éditions • Le Blay, F. (2020). Les paysages de Naoya Hatakeyama. Autour de Virilio-Éditions. • Moreau, Y. (2017). Vivre avec les catastrophes. Paris : Presses Universitaires de France. • Virilio, P. (2002). Ce qui arrive. Paris : Fondation Cartier pour l’art contemporain.