Penser l'histoire de la philosophie
Présentation
Année 2026-2027
- APIL 4120, Penser l’histoire de la philosophie :
Enseignant : Philippe OUVRARD.
Le devenir de la philosophie peut être connu selon une histoire historienne de la philosophie (par des commentateurs à propos de la philosophie déjà faite). Ses présupposés et son épistémologie doivent alors être interrogés. Mais il peut aussi être repensé selon une histoire philosophante de la philosophie (par les philosophes dans la vie de la philosophie en train de se faire). Ses possibilités et risques doivent être clarifiés.
- Épistémologiquement : Le passé de la philosophie peut-il avoir plus qu’un rôle pédagogique initial ou muséal ? Peut-on comprendre un philosophe mieux qu’il ne s’est compris ? Quel lien établir entre le ou la philosophe et l’homme ou la femme insérés en leur temps et leur monde, entre leur œuvre de pensée et leurs autres opinions, croyances, ou valeurs ? Quelles exigences méthodologiques supposent le travail sur les textes ?
- Pour le philosopher lui-même : Pourquoi philosopher requerrait-il de s’intéresser constamment au passé de la discipline, à la différence de la recherche scientifique par exemple, et alors même que des questions philosophiques contemporaines sont pourtant si passionnantes ? Qu’en est-il de la pluralité des positions philosophiques ? Peuvent-elles toutes être vraies, quand souvent elles divergent, voire se contredisent ? La philosophie est-elle en droit une, avec par exemple en profondeur une philosophia perennis, éternelle, ou bien définitivement multiple ? Y a-t-il un progrès en philosophie, et éventuellement des philosophies périmées ?
Aux deux niveaux, ces interrogations ne sont pas sans risques : l’ethnocentrisme qui idéologise le parcours de la philosophie en Occident ; la description causale positiviste oublieuse des choix philosophiques qu’elle présuppose ; un présupposé historiciste et téléologique selon lequel toute l’histoire de la philosophie serait réellement orientée vers un seul et même but.
Un problème nous servira de fil conducteur : Comment, d’une part, interpréter et, d’autre part, juger le devenir même de la philosophie ? Il engage la relation qui peut et doit s’instaurer entre les philosophies, ainsi que la façon dont elles émergent toutes depuis le temps des sociétés humaines.
Bibliographie (qui sera complétée à la rentrée) :
- Gérard Lebrun, Devenir de la philosophie, in Notions de philosophie, III, sous la direction de Denis Kambouchner, Gallimard, 1995, coll. « Folio essais »
- G. W. F. Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie, tome 1, trad. J. Gibelin, Gallimard, 1954, Gallimard, coll. « Idées ».
- Vincent Citot, Problèmes épistémologiques en histoire de la philosophie, Liber, 2017