Philosophie morale
Présentation
Année 2025/2026
APIL 3220, Philosophie morale :
Le cours de philosophie morale prendra la forme d’une traversée de l’Ethique de Spinoza.
Ce que nous propose la philosophie de Spinoza, c’est à la fois une connaissance de l’homme et de sa place dans la nature, inscrite dans une démarche rationaliste, mais aussi un itinéraire éthique, une recherche « du bien vivre ». À ce titre, nous verrons que l’œuvre de Spinoza occupe une place singulière dans l’histoire de la philosophie du 17e siècle, ainsi que du point de vue de ses héritages ultérieurs et contemporains.
Spinoza est un auteur dont l’actualité reste très vive, en philosophie, mais aussi dans les sciences sociales, les neurosciences et jusque dans certaines publications de développement personnel. Nous nous demanderons : qu’est-ce qui continue d’intéresser nos contemporains chez Spinoza ? Qu’est-ce qui peut continuer de nous intéresser ? Comment situer cette pensée et ses héritages dans le cadre de la philosophie morale ?
Nous partirons d’une des affirmations les plus connues de Spinoza : « l’homme n’est pas un empire dans un empire » (Préface Éthique, III), pour comprendre comment Spinoza pense la condition déterminée de l’homme dans la nature, et quelles possibilités de libération ouvrent néanmoins l'Éthique, son œuvre majeure. En effet, la condition naturelle de l’homme pour Spinoza est la servitude : il est une partie déterminée (un mode) d’un ensemble entièrement déterminé par des lois nécessaires (la substance, qu’il appelle la nature, ou Dieu). Pour autant, s’il est impossible et vain pour l’homme de prétendre s’extraire de la nature et de la nécessité dans le cadre de cette philosophie de l’immanence, il reste néanmoins possible d’envisager un itinéraire de libération progressive au sein de la nature déterminée.
Comment Spinoza pense-t-il les voies d’une sortie effective de la servitude, sans s’appuyer sur la transcendance supposée d’une liberté ou d’une volonté ? Comment, en partant de la passivité qui caractérise toute vie humaine, en s’appuyant sur une compréhension des affects et sur une transformation de l’affectivité, conçoit-il le développement d’une activité libératrice ? Quel rôle jouent la joie et l’amitié dans cet itinéraire de libération ? Voilà les questions auxquelles le cours tentera d’apporter des réponses, en s’appuyant sur la lecture de passages précis de l’Ethique ainsi que sur un appareil critique.
Bibliographie indicative
Spinoza, Œuvres IV, Ethique, édition et traduction de Pierre-François Moreau, Presses universitaires de France, Paris, 2020
Spinoza, Éthique, édition et traduction de Maxime Rovere, Flammarion, Paris, 2021
Spinoza, Correspondance, édition et traduction de Maxime Rovere, Garnier Flammarion, Paris, 2010
Spinoza, Œuvres III, Traité théologico-politique, édition et traduction de Pierre-François Moreau, Presses Universitaires
Gilles Deleuze, Spinoza. Philosophie pratique, Les Editions de Minuit, 1981/2003
Gilles Deleuze, Sur Spinoza. Cours Novembre 1980 – Mars 1981, Les Édition de Minuit, 2024
Pierre-François Moreau, Spinoza et le spinozisme, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 2023
Chantal Jacquet, L’Unité du corps et de l’esprit. Affects, actions passions chez Spinoza, Presses Universitaires de France, 2004, réédition 2015
Maxime Rovere, Méthodes pour exister, CNRS Editions, 2013