Littérature médiévale

Présentation

Programme 2026-2027

Des récits et héros antiques aux romans médiévaux : 

Le Roman d’Enéas et Le Roman d’Alexandre d’Alexandre de Paris

Enseignante :  Hélène BOUGET

 

Textes au programme (lecture intégrale obligatoire) :

- Le Roman d’Enéas, éd. trad. Aimé Petit, Paris, LGF, Le Livre de Poche, « Lettres Gothiques », 1997.

- Alexandre de Paris : Le Roman d’Alexandre, éd., trad. Laurance Harf-Lancner, Paris, LGF, Le Livre de Poche, « Lettres Gothiques », 1994.

 

Lectures complémentaires (lecture nécessaire) :

- Le Roman d’Apollonius de Tyr, éd., trad. Michel Zink, Paris, LGF, Le Livre de Poche, « Lettres gothiques », 1982, réédition 2006 [disponible BU et numérisé sur la page Moodle du cours]

- Le Roman de Thèbes, éd., trad. Francine Mora-Lebrun, Paris, LGF, Le Livre de Poche, « Lettres gothiques », 1995.

- Benoît de Sainte-Maure, Le Roman de Troie, éd., trad. Emmanuèle Baumgartner et Françoise Vieillard, Paris, Le Livre de Poche, « Lettres Gothiques », 1998.

 

Les histoires des héros antiques comme ceux de la guerre de Troie (Ménélas, Priam, Hector, Achille, Ulysse…), de l’Enéide (Enée) ou encore du roi Alexandre de Macédoine ont connu un succès considérable au Moyen Âge. Héritées de l’Antiquité gréco-latine par l’intermédiaire de diverses adaptations, ces figures héroïques représentent à la fois un héritage du passé et des modèles littéraires dans les premiers romans français du XIIe siècle. Si Enée, Ulysse, Alexandre etc. sont aujourd’hui encore des figures célèbres, d’autres ont sombré dans l’oubli. C’est par exemple le cas d’Apollonius de Tyr (Le Roman d’Apollonius de Tyr) qui était pourtant l’un des héros les plus célèbres du Moyen Âge et dont l’histoire, héritée d’un original grec perdu du IIIe ou du IVe siècle et de plusieurs versions latines, présente des thèmes et motifs comme la menace de l’inceste, le voyage en mer, le naufrage, bien attestés dans les romans médiévaux et hérités des récits antiques.

Je recommande vivement la lecture d’Apollonius de Tyr, un best-seller du Moyen Âge qui a traversé les époques depuis l’Antiquité tardive jusqu’au XVIIIe siècle. L’édition de la version en prose du XVe s. nous donne l’image d’un roman tel qu’il a pu être repris, adapté et lu à la fin du Moyen Âge. Au-delà des frontières, le roman d’Apollonius a aussi été traduit dans de nombreuses langues européennes dès le Moyen Âge.

Pour des raisons pratiques, nous nous concentrerons essentiellement sur deux œuvres : Enéas et Alexandre. À travers ces textes, nous aborderons les questions de la transmission et de l’actualisation du passé antique dans les romans médiévaux et nous mettrons en lumière les jeux de transferts et de réécritures de l’Antiquité au Moyen Âge. Nous verrons ainsi que, contrairement aux idées reçues, le Moyen Âge n’est pas une période « obscure » ignorante des œuvres et des auteurs antiques, mais bien au contraire qu’elle se situe intellectuellement dans la continuité et l’héritage de l’Antiquité, selon un phénomène qui se définit sous la plume des clercs médiévaux comme la translatio studii (« transfert du savoir »).