DU Repérage des violences intrafamiliales et leurs conséquences, accompagnement des femmes et des enfants
Présentation
Présentation
Les violences faites aux femmes constituent l’un des problèmes majeurs en matière de violation des droits humains1 et concernent tous les milieux sociaux. Les données chiffrées sous-estiment le phénomène et indiquent que la fréquence de ces violences ne diminue pas, et cela en dépit des nombreuses campagnes de prévention et sensibilisation menées, en France, depuis 1989. En 2025, 98 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire de vie2, soit près d’une femme tous les 3 jours, ce funeste chiffre montant à 164 femmes en élargissant le contexte de l’agression3. De plus, 11 infanticides sont commis dans un contexte de violences au sein du couple4. Outre ces décès, la violence intrafamiliale a de nombreuses conséquences sur l’état de santé des femmes qui en sont victimes et de leurs enfants5. Selon l’Enquête Nationale Périnatale de 2021 (Inserm, Santé Publique France, Ministère de la Santé et de la Prévention), la période de grossesse est identifiée comme particulièrement à risque de violences subies pour les femmes : 6% des femmes déclarent en effet avoir subi des violences psychologiques, soit pendant la grossesse (3,7%), soit depuis la naissance de leur enfant (0,5%), soit les deux (1,8%). Dans plus de la moitié des cas, ces violences psychologiques étaient répétées, et l’auteur était le partenaire dans 25,3% des cas. Le rapport de la commission des 1000 premiers jours précise que l’exposition répétée au climat de violence subi par la mère durant une période s’étendant du 4ème mois de grossesse aux 2 ans de l’enfant a un impact sur le développement infantile.
Pourtant, le nombre de signalements et d’informations préoccupantes émanant du milieu médical ou paramédical transmises aux autorités judiciaires et administratives reste faible. Nul doute qu’une meilleure
prévention, un repérage plus efficace permettant des déclarations de situation ou de risque de danger permettrait de mettre en œuvre des mesures de protection adaptées en adéquation avec le plan de lutte
contre les violences faites aux enfants 2023-2027. Former des professionnelles issues et professionnels issus de formations et de modes d’exercice différents sur la problématique de l’accompagnement des violences faites aux femmes et plus particulièrement des violences intrafamiliales permettrait d’améliorer les pratiques en favorisant l’interdisciplinarité autour de la parentalité et de l’enfant.
Les professionnelles et professionnels de santé et du secteur médico-social ont un rôle crucial dans le repérage, le signalement et l’accompagnement des victimes de violences, qu’elles soient enfants ou femmes. Bénéficier d’un socle commun de connaissances sur cette problématique permet de mieux appréhender ces situations de grandes vulnérabilités et d’améliorer la qualité des interventions.
1Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée le 7 avril 2011, ouverte à la signature à Istanbul le 11 mai 2011
2https://www.feminicides.fr/statistiques-2025
3https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-12232QE.htm
4https://www.feminicides.fr/statistiques-2025
5https://www.has-sante.fr/jcms/p_3104867/fr/reperage-des-femmes-victimes-de-violences-au-sein-du-couple
Objectifs
Aptitudes et compétences
> Renforcer l’implication des professionnelles et professionnels dans la lutte contre les violences et leurs répercussions sur la cellule familiale
> Favoriser l’approche interprofessionnelle en favorisant le dépistage des femmes victimes de violences et en facilitant la coordination entre professionnelles concernées et professionnels concernés
> Acquérir des compétences transdisciplinaires sur l’impact des violences intrafamiliales sur le développement de l’enfant
> Savoir mettre en oeuvre un accompagnement pluridisciplinaire dans les situations de violences faites aux femmes
> Analyser les pratiques professionnelles en favorisant l’interdisciplinarité des principales actrices et principaux acteurs accompagnant les femmes victimes de violences
Compétences visées
> Comprendre la spécificité des situations de violence pour accompagner de manière adaptée et respectueuse la ou les victimes
> Dépister et repérer les violences en sachant les définir, et leur attribuer la qualification et sanction pénale associée
> Sensibiliser la professionnelle ou le professionnel aux stratégies de l’agresseur et à leurs impacts psychotraumatiques sur la femme victime et ses conséquences sur le développement psychoaffectif des enfants au sein du couple
> Élaborer les outils de dialogue et d’entretien nécessaires avec une femme possiblement victime de violences
> Accompagner la ou les co-victime(s) en évaluant la gravité de la situation
> Savoir rédiger un signalement, une information préoccupante et/ou un certificat médical descriptif pour les personnels médicaux
> Connaître et comprendre l’état du droit applicable : droit civil, droit pénal, droit de la protection de l’enfance, droit interne et droit international
> Proposer des recommandations pratiques aux professionnels confrontés à une situation ou à une suspicion de violences
> Orienter la victime et éventuelles co-victimes vers le réseau d’accompagnement (sanitaire, judiciaire, social et associatif)
Public cible
La formation s’adresse principalement aux intervenantes et intervenants :
> Dans les domaines de la santé (médecins, sages-femmes, infirmières et infirmiers, pharmaciennes et pharmaciens, préparatrices et préparateurs en pharmacie, chirurgiennes-dentistes et chirurgiens-dentistes, psychologues…) personnels des établissements médico-sociaux, puéricultrice et puériculteur, conseillères conjugales et conseillers conjugaux
> Du champ social (éducatrice et éducateurs, assistantes et assistants de service social, conseillères et conseillers en économie sociale et familiale, responsables et bénévoles d’association…)
> De l’éducation nationale (enseignantes et enseignants, personnels sociaux et de santé, conseillères et conseillers principaux d’éducation, responsables d’établissement…)
> De la justice (magistrates et magistrats, greffiers, avocates et avocats, personnels de la protection judiciaire de la jeunesse, de l’administration pénitentiaire, la police et la gendarmerie…)
> Ainsi qu’aux agentes et agents des collectivités territoriales et de l’État chargées ou chargés de mission pour les droits des femmes, pour la protection de l’enfance, pour la politique de la ville
Méthodes pédagogiques
Cours magistraux, travaux en petits groupes, analyse de pratiques, jeux de rôle, simulations, vidéos, courts-métrages.
Chaque module sera développé avec une présentation d’une revue récente de la littérature et de la synthèse des recommandations en vigueur (OMS, HAS), des avis d’experts et de la réglementation actuelle. Toutes les professionnelles concernées et professionnels concernés seront identifiés dans chaque situation abordée. Chaque thème abordé est détaillé non seulement sur le plan médical et juridique mais aussi sur un plan psychologique, historique, sociologique, épidémiologique, législatif, éthique et déontologique lorsqu’il s’y prête.
À partir de situations proposées par les apprenants, mise en place d’un groupe d’analyse de pratiques.
Réflexion sur les thèmes abordés, étayage par de la littérature et de la réglementation en vigueur, et discussion pluriprofessionnelle.
Concrètement :
> Sélection de situations cliniques ou de dossiers par le groupe (demandées en amont et, à faire parvenir en amont)
> Bibliographie et données issues de la littérature sélectionnées (EBM, données probantes en santé publique), réglementation et jurisprudence en lien
> Présentation des situations par les participantes et participants pour permettre une analyse collective de la prise en charge et des problèmes identifiés
> Rédaction d’un compte rendu résumant problèmes, réponses du groupe, références, prises de décisions consensuelles, actions d’amélioration et suivi de leur mise en place
Comité scientifique
> Pr Guillaume BRONSARD, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université de Bretagne Occidentale
> Anne COURTINE, Sage-femme, Enseignante en maïeutique, Faculté de Maïeutique de Brest de l’Université de Bretagne Occidentale
> Gaëlle DELPECH-DUNOYER, Enseignante en maïeutique et Directrice de la Faculté de Maïeutique de Brest de l’Université de Bretagne Occidentale
> Mathilde DELESPINE, Sage-femme coordinatrice du projet Maison des femmes, CHU de Rennes
> Maï LE DÛ, Maîtresse de conférence en maïeutique, Faculté de Maïeutique de Brest de l’Université de Bretagne Occidentale
> Marine LE GALLO, Psychologue en commissariat
> François-Xavier ROUX-DEMARE, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles, Université de Bretagne Occidentale
> Dr Benoît SUPLY, Médecin légiste
> Magali VENDÉ, Responsable du Pôle Prévention et Protection de l’enfance, Direction territoriale d’action sociale du pays de Brest
Modalités pratiques
Durée
108h réparties en :
> 94h de cours en présentiel
> 14h de stage
Dates
> Début de la formation : janvier
> Fin de la formation : juin
Localisation des cours
Faculté de Maïeutique de Brest, Université de Bretagne Occidentale
Tarifs 2027/2028
> Formation continue : 1800€
Possibilité d’une prise en charge et indemnisation par l’ANDPC ou le FIF-PL : nous contacter pour plus derenseignements
Admission inscription
Conditions d'accès
Sur dossier
Candidature
Candidature en ligne :
www.univ-brest.fr/fcsante > Candidature
Accessibilité
À l’UBO, le Service d’Accompagnement des Spécificités (SAS) et un référent handicap formation continue et alternance vous guident dans l’adaptation de votre parcours universitaire.
Contactez le 02 98 01 80 42 ou par mail handicap.referentfc @ univ-brest.fr dès le début de vos démarches.
Programme
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Les + de la formation
Effectif facilitant les interactions entre les stagiaires et les intervenants.
Les stagiaires de formation continue ont accès à tous les services universitaires : Bibliothèque Universitaire, Restaurant Universitaire…